A la croisée des révolutions numériques

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Home 5 Évènement 5 Séminaire : Anthropologie et IA

Séminaire : Anthropologie et IA (titre provisoire)

« Il y a quelque chose de troublant dans le fait que les machines ‘les plus intelligentes’ que nous ayons jamais construites nous ressemblent. Pas par hasard. Par conception. »

L’intelligence artificielle est bio-inspirée : elle a été façonnée à partir de nous, par nous, parfois contre nous. Elle a appris à écrire en lisant nos textes, à raisonner en observant nos raisonnements, à simuler l’émotion en imitant nos réponses. Nous lui attribuons le pouvoir du regard (sur nous).

Cette conférence pose deux questions : comment faisons-nous l’IA et qu’est-ce que l’IA fait de nous ?

 

La journée s’organise en deux temps.

La matinée : « Anatomie d’une machine : fabriquer et faire évoluer l’IA »

Avant de comprendre ce que l’IA nous fait, il faut comprendre comment elle est faite.

Les machines intelligentes ne sont pas tombées du ciel. Elles sont le produit d’une longue chaîne de décisions, techniques, économiques, humaines, qui commence dans des datacenters climatisés et finit dans la poche de trois milliards de personnes. Cette matinée est une anatomie.

Nous ouvrirons avec ce qui est au cœur de la révolution actuelle : la chain of thought, cette façon qu’ont les grands modèles de langage de ‘penser à voix haute’ avant de répondre, de décomposer un problème comme un élève appliqué. Ce n’est pas de la magie. C’est de l’ingénierie. Et comprendre cette ingénierie, c’est commencer à démystifier.

 

L’après-midi : « La tentation de Claude : ce que l’IA fait de nous » / Ce que nous avons déjà délégué, en le décidant (et sans le décider). 

La matinée décortique la machine, l’après-midi on observe l’humain face à elle.

La tentation de faire confiance, de suivre. La tentation de croire que ce qui répond avec fluidité, avec cohérence, avec une apparente bienveillance, comprend. La tentation, la facilité, de ne plus décider seul et de déléguer à « une parole high tech », même désincarnée, même non humaine – avec la question de devoir comprendre si cette délégation est pertinente.

Des cas d’étude concrets permettent d’observer et de décrire le développement cognitif, le comportement de l’interaction système humain – système machine, les biais, les effets de l’automatisation sur l’humain, l’observation du principe de confiance, une potentielle éthique pour protéger les personnes, la gestion de crise quand l’humain doit reprendre la main

DATE & LIEU

16 novembre 2026

9h00 - 17h30

Drahi-X Novation Center

Avenue Coriolis
91120 Palaiseau
École polytechnique
Ecole Polytechnique

SITUATION

Organisateurs et partenaires

COORDINATION SCIENTIFIQUE

       

Judith Nicogossian

Association Française d’Anthropologie – école de Grenoble – Université Grenoble Alpe

Christophe Clavin

CEA

Jean Rohmer

Institut Fredrik Bull

Charles Tijus

Institut Fredrik Bull

 

TARIF & inscription

Tarifs

  • Participation aux frais :
  • Gratuit + 13.50€ pour le repas
    Pour les entreprises adhérentes d’Aristote
  • 60,00€ TTC + 13.50€ pour le repas
    Pour les entreprises non adhérentes à Aristote
  • 70.00€ TTC + 13.50€ pour le repas
    Pour les règlements sur place

INSCRIPTION

Il est nécessaire de réserver pour le repas, pour lequel le coût s’élève à 13,50 €. Le repas du midi aura lieu dans le self de l’école Polytechnique.

  • Formulaire d’inscription :

  • Par Carte Bleue :
  • directement lors de l’inscription
  • Par chèque :
  • à l’ordre de “Association Aristote”
  • Par virement bancaire :
  • (IBAN : FR76 3000 4008 8600 0042 1466 411)
PROGRAMME

TEMPS 1 (MATINÉE, 09.00 – 12.15)

« Anatomie d’une machine : fabriquer et faire évoluer l’IA »

  1. Optimisation du codeLes modèles d’aujourd’hui sont plus grands et plus efficaces. Chaque génération apprend à faire plus avec moins, dans une course qui redéfinit en permanence ce que « possible » signifie.
  2. Optimisation du matériel(ex. société californienne « Cérébras » plusieurs circuits sur un même silicium)
  3. L’IA qui améliore l’IAles systèmes ont commencé à s’entraîner eux-mêmes, à s’évaluer, à se corriger. L’humain devient superviseur d’une boucle qu’il ne contrôle plus entièrement.
  4. L’humain et l’IA(‘pompage de l’humain’ sur un axe vertical et l’IA n’est pas organique, étiquetage des corpus, renforcement humain, récupération des données) Le récit technologique accroche l’anthropologie. L’IA n’a rien inventé : elle a aspiré. Des millions d’heures d’étiquetage humain, de renforcement par des travailleurs invisibles, de données collectées sans vrai consentement. Sur un axe vertical, l’humain est la matière première. L’IA n’est pas organique, mais elle est anthropogène.

 

TEMPS 2 (APRÈS-MIDI, 13.30 – 16.30)

« La tentation de Claude : ce que l’IA fait de nous » / Ce que nous avons déjà délégué, sans le décider. 

  1. Notion de confiance envers l’IA
  • Les conducteurs de voiture autonomes : formalisation des degrés de confiance entre néophyte et expert. / Les chauffeurs de taxi en rapport à leur utilisation du GPS. / L’IA et l’écriture automatisée, que faire de l’orthographe ? / Gestion des risques : si le feu se déclare dans un bâtiment, les personnes suivent ce que leur dit l’IA incarnée a contrario des consignes de sécurité affichées. / Pour les adolescents, leurs smartphones sont des outils de survie indispensable. A quoi vont ressembler des générations habituées aux assistants pensant à leur place ?  / Conduite d’une séparation : par prompts ! cas anecdotique révèle quelque chose de structurel : nous déléguons nos relations à des systèmes qui n’ont aucune mémoire, aucun affect, aucun enjeu.
  • « Cas : une gestion de crise d’origine cyber hospitalière, dans laquelle SI et système de gestion de crise sont inopérables. Quelles réactions neurophysiologiques ? Qui sont les plus impactés ? Quelles décisions humaines ce vide oblige-t-il à retrouver – ou à réinventer ? Comment les métiers perdent confiance dans le numérique ?
  1. Conscience cartographions les architectures psychologiques de la relation humain/machine. Qu’est-ce qui fonde la conscience ? Cas des « Jumeaux numériques »
  2. Robotique militaire Les décisions létales déléguées aux algorithmes, un nouvel outil de conquête guerrière, au déploiement qui radicalise l’attaque, minimise les chances de survie, redistribue les règles de victoire du conquérant.
  3. FinanceLe pilotage des marchés financiers à l’opacité caractéristique. Est-ce le domaine entrepreneurial mettant à disposition le plus de financement en lien à la pérennité du modèle de la « protection numérique ? ».

 

CLÔTURE (format : keynote / table ronde)

« Adaptabilité, survie, mythologie » L’homo créateur à l’échelle planétaire 

Mythe de la création – l’Homo Sapiens est le créateur démiurge de l’IA, faite à son image. Très bien, sauf que Dieu ne va pas à l’encontre du principe de nature (environnement) et que le Sapiens peut devenir très mercantile, brutal et contrôlant à grande échelle.

Les espèces qui ont survécu ne sont pas nécessairement les plus fortes, ni les plus intelligentes – mais les plus adaptables. Nous créons avec l’IA un outil d’adaptation sans précédent. La question est de savoir ce à quoi nous voulons nous adapter.

L’IA est présentée comme une utopie, une ressource universelle, un langage commun mis à disposition de tous, une infrastructure cognitive partagée. Mais cette technologie n’est pas vivante. Elle n’a pas de conscience. Elle feint les émotions avec une fluidité qui peut tromper les plus avertis. Chaque utopie dissimule des rapports de pouvoir.

Qu’elle est l’adaptation à laquelle l’IA nous destine ? Dans ces conditions, comment survivre, au sens évolutif du terme ?

Résumé de la présentation